Le pèlerinage d'Ingrid Betancourt
En dépit de la pluie qui s'abat depuis le
début de la matinée sur Lourdes, les pèlerins sont venus très nombreux dans l'espoir d'apercevoir Ingrid Betancourt.
EN DEPIT de la pluie qui s'abat depuis le début de la matinée sur Lourdes, les pèlerins sont venus très nombreux dans l'espoir d'apercevoir Ingrid Betancourt. Accompagnée de plusieurs membres de sa famille, sa mère Yolanda, sa soeur Astrid et ses deux enfants, Mélanie et Lorenzo, l'ex-otage franco-colombienne remercie la Vierge. « Merci Marie, merci pour ma liberté, merci pour la vie », insiste-t-elle au côté de Mgr Perrier, l'archevêque de Lourdes.
Peu après la messe de l'angélus, à midi, Ingrid Betancourt, veste bleu marine sur un chemisier et un pantalon blancs, pénètre dans la grotte sous les applaudissements. Après une dizaine de
chapelets, en français et en espagnol, entrecoupés de chants, Ingrid Betancourt lève les yeux vers la statue de la Vierge encastrée dans la roche et s'adresse à elle avec ferveur : « J'ai
tellement voulu cet instant ! Je te remercie de me donner l'opportunité d'être ici. Je te supplie : prends soin de ceux qui sont restés derrière moi, préserve-les comme tu m'as préservée. Fais le
miracle de leur rendre la liberté. »
Visiblement très émus, des pèlerins l'escortent à sa sortie et, malgré l'imposant service d'ordre qui tente de maintenir un cordon de sécurité autour d'elle, certains parviennent à lui serrer la
main et à l'embrasser. Elle les remercie, leur sourit, laisse une femme lui caresser doucement la joue. « C'est émouvant ! Elle nous a dit de continuer à prier. On ne pensait pas la voir de si
près », soupire Monique. « On a prié pour elle durant sa captivité, confie Marie, une retraitée venue avec son mari de Saône-et-Loire. C'est une femme formidable. On l'admire pour son courage. »
Dans la foule, Marie-France attend elle aussi l'ex-otage. « Une soeur de Colombie m'a demandé de lui donner ce petit cerf-volant aux couleurs du drapeau colombien », dit-elle en montrant l'objet
dans sa main.
Quelques instants plus tard, alors qu'Ingrid Betancourt est partie déjeuner en famille, Mgr Perrier confiera n'avoir pas connu de « moment aussi fort » depuis la venue du pape Jean-Paul II à
Lourdes en 2004. Plus tôt dans la matinée, la Franco-Colombienne s'était accordé « un temps privé », en se recueillant, seule, dans la chapelle de l'Adoration.
Bertrand Delanoë était à Bogot á hier où il s'est entretenu avec le président colombien Alvaro Uribe. « Paris reste mobilisé pour tous les otages colombiens et ne cache pas son bonheur
d'avoir retrouvé Ingrid Betancourt », a déclaré le maire de Paris, qui a ensuite rencontré des familles d'otages.
Source : Le Parisien
Voir les photos :
Ingrid
Betancourt à Lourdes le 12 Juillet 2008
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