Article paru dans l'édition du Samedi 5 Juillet 2008
International Ingrid Betancourt dans son autre patrie
Retour en « douce France »
Ingrid Betancourt respire à nouveau l'air de sa « douce France » : après 6 années, quatre mois et 9 jours de captivité
aux mains de la guérilla des Farc, l'ex-otage franco-colombienne est arrivée hier après-midi à Paris où elle a été accueillie par le président Nicolas Sarkozy.
« Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment. C'est un moment très, très émouvant pour moi : respirer l'air de la France, être avec vous », lance la jeune femme au pied de l'Airbus
présidentiel qui l'amenait de Bogota à l'aéroport militaire de Villacoublay (Yvelines). Nicolas Sarkozy: «Toute la France est heureuse que vous soyez là » Elle ajoute: «Je dois tout à
la France (...) Vos messages m'ont permis d'être vivante, spirituellement et physiquement. Je tiens à dire combien je vous dois ». ...
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Ingrid Betancourt, hier à Villacoublay: « Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment. Je dois tout à la France (...). J'ai beaucoup pleuré pendant sept ans, de douleur et
d'indignation. Aujourd'hui, je pleure de joie ». (Photo AFP)
Partagée entre famille et avenir politique
Partagée entre famille et virus de la politique, Ingrid Betancourt, qui s'est engagée à poursuivre la lutte pour la libération des otages encore détenus par les Farc, paraît avoir un
avenir prometteur, peut-être même aux côtés de l'actuel président colombien Alvaro Uribe. A 46 ans, l'ancienne candidate écologiste à la présidence de la Colombie, propulsée par les
médias au rang d'héroïne au jugement lucide et aux nerfs d'acier, est apparue jeudi à Bogota sensible et émouvante mais toujours animée d'ambitions politiques.
Ingrid Betancourt se transforme rapidement, au surlendemain de sa libération par un commando de l'armée, en une personnalité avec une présence internationale et une image nationale très
forte, explique Alejo Vargas, un analyste de renom, professeur à l'Université nationale de Colombie.
Néanmoins, Ingrid Betancourt a réaffirmé qu'après plus de six années passées dans la jungle aux mains de la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes), elle
voulait se recentrer sur sa famille, faire une pause avec ses enfants Mélanie et Lorenzo et ne pas prendre d'engagement sans leur accord.
« Je suis en dette avec ma famille, avec ma fille », a confié Mme Betancourt, faisant référence à ses enfants, qui avaient 13 et 16 ans lors de son enlèvement en 2002 et
reconnaissant qu'elle avait « pris des décisions qui les ont fait beaucoup souffrir ».
L'ancienne sénatrice, longtemps considérée comme un animal politique, assure vouloir maintenant « que l'avenir puisse être décidé en accord » avec ses enfants.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 05 Juillet 2008.
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