Ingrid Betancourt, en route vers la France
L'ex-otage est actuellement dans l'avion présidentielle qui la ramène avec ses enfants. Elle devrait arriver à 16 heures.
L’ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, libérée mercredi soir, a retrouvé hier ses enfants, se jetant dans leur bras, près de six ans et demi après les avoir vus pour la dernière fois.
Mélanie et Lorenzo Delloye, 22 et 19 ans, les enfants de son premier mariage, se sont rendus en Colombie à bord d’un Airbus de la présidence française, accompagnés du ministre des Affaires
étrangères Bernard Kouchner. «Je remercie Dieu pour ce moment, ce sont mes tout petits, ma fierté, ma raison de vivre, ma lumière, ma lune, mes étoiles, pour eux j’ai eu envie de sortir de la
jungle, pour les revoir, a lancé Ingrid Betancourt en retrouvant ses enfants. Je suis très fière d’eux, qui ont lutté seuls et livré une bataille merveilleuse», en allusion à leur
travail de mobilisation de l’opinion publique et du monde politique qui est allée en grandissant depuis la date de l’enlèvement leur mère, ex-candidate à la présidence colombienne, en 2002.
L’avion français devait rentrer aujourd’hui, avec Ingrid Betancourt à son bord. Nicolas Sarkozy, qui s’est beaucoup investi sur ce dossier depuis son élection, doit l’accueillir dans l’après-midi
à l’aéroport militaire de Villacoublay, selon l’Elysée. «Je veux revenir en France pour remercier tous les Français et partager ce moment de bonheur avec eux», a indiqué Ingrid
Longue nuit. Après sa libération, la femme politique, libérée en même temps que 14 autres otages des Farc, a passé sa première nuit de liberté dans la maison de sa mère, à Bogotá, sans fermer l’œil, à parler de sa captivité, selon son actuel mari colombien Juan Carlos Lecompte. «Nous sommes arrivés à la maison très tard, et nous nous sommes engagés dans une longue conversation au cours de laquelle elle nous a raconté les détails de sa triste captivité. Elle va très bien, elle est dans un état d’esprit généreux et très lucide. Son corps révèle quelques séquelles mais rien de grave. Son âme est très renforcée.»
En Colombie, les radios et télévisions ont diffusé pendant toute la nuit de mercredi à jeudi des émissions spéciales, où des auditeurs saluaient le courage de l’ex-otage et remerciaient le
président Uribe, dont la popularité, déjà très haute pour sa «main de fer» contre la guérilla, pourrait sortir encore renforcée par cette libération-surprise. Mais plusieurs centaines d’otages
restent encore aux mains de la guérilla des Farc et les Colombiens ont été invités à participer aujourd’hui à une marche pour exiger leur remise en liberté : 25 otages, dits «politiques» (hommes
politiques, policiers et militaires) parce que les Farc entendent les échanger contre des concessions de Bogota, notamment la libération de centaines de guérilleros emprisonnés. Et quelque
700 autres otages, que la guérilla entend monnayer contre les rançons des familles.
Secrets.
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